14.05.2007

ReGenesis - 3.06 - Phantoms

Un épisode qui offre une succession d'alternances entre moments légers et dramatiques.

L'alchimie entrevue dans l'épisode précédent entre David et Joanna se concrétise. Finalement, nos deux scientifiques se révélent sur la même longueur d'ondes, comme le percevait déjà Carlos, avec des préoccupations similaires, voire même une Joanna encore plus motivée que David. La scène d'ouverture de l'épisode nous indique qu'ils n'auront pas traîné puisqu'on les découvre au lit ensemble, comme le téléphone se met à sonner. Il s'agit de Carlos, pour un update. D'ailleurs, ce dernier s'est déjà fait une raison sur le résultat de l'association des deux personnages, aussi demande-t-il ensuite diplomatiquement à David de lui passer Joanna... La tentative de mensonge peu convaincue de David ne fait pas illusion. La dynamique David/Joanna fonctionne assez car on est frappé par leur similarité, même si Joanna parait manifester une plus grande aversion encore pour tout "engagement" éventuelle. C'est bien sympathique, certes. C'est l'occasion ou jamais de passer en revue tous les lieux propices à leurs effusions, certes. Mais c'était quand même un peu long à force. Une façon de faire ressentir au téléspectateur la proximité et le répondant que David et Joanna trouvaient l'un chez l'autre ?

Le lac contaminé au mercure passerait presque au second plan. Mais il faut avouer que la principale question n'est désormais plus que celle de l'origine de la pollution. Une origine qui est surtout l'occasion d'un discours très réaliste et très déprimant sur l'état de notre planète, délivré à l'occasion d'un des barbecues rituels de David. Pessimiste et résigné, la confrontation des opinions des scientifiques du NorBac sur des sujets majeurs offre des scènes classiques, mais toujours intéressantes. Se dégage en plus une atmosphère de groupe, une solidarité, qui n'est pas toujours évidente au laboratoire même. Je chéris toujours ces moments "off". C'est d'ailleurs l'occasion de découvrir, avec Mayko, Rachel raccompagnée en voiture par... Wes, qui n'était pas à la petite "sauterie" de David. Le visage de Mayko reflète la réaction du téléspectateur : seraient-ils ensembles ? *froncement de sourcils perplexe* Mais comme les scénaristes aiment souvent nous suggérer des informations qui se révèlent sous un autre jour quelques épisodes après, je vais me contenter de retenir l'information sans extrapoler.

C'est également l'occasion de suivre la thérapie de Mayko, accepter et faire accepter à son corps la perte de sa jambe. Son psychiatre semble compétent, lui proposant un nouveau traitement qui en plus de soulager ses douleurs, lui permet de reprendre confiance. La storyline continue de suivre un sentir balisé, mais j'avoue que les émotions, les inquiétudes de Mayko sont parfaitement retranscrites à l'écran. On la suit avec sollicitude, partageant ses peines comme ses joies. Plus sûre d'elle, elle recontacte son charmant livreur, l'emmenant même au barbecue de David. C'est rafraichissant et cela sonne juste. Une jolie intronisation.

Le dernier tiers de l'épisode nous mène à une nouvelle ouverture, mais surtout le ton change radicalement. Joanna, affectée à un nouveau poste "pour y être enterrée par sa hiérarchie", tombe malade. Rapidement, l'ambiance lourde qui prévaut dans ces scènes nous indique qu'il n'y aura pas de happy end. David et Carlos unissent pourtant leurs efforts, essayant de trouver le bon dosage et mixage d'antibiotiques qui pourraient la guérir. Mais son infection est particulièrement résistante. Une des dernières scènes entre Carlos et Joanna est particulièrement émouvante. Les deux ex époux, avec une sobriété bien pensée, échangent leurs impressions sur leur relation. Joanna avoue toujours aimer Carlos. Si elle l'a aidé à accepter son homosexualité, elle n'en a pas moins gardé de sentiments à l'égard de son ex-époux. Une scène très forte, sans effet inutile, ni tomber dans un pathos trop souligné. Joanna décède finalement -si rapidement- de sa maladie. On devine aux regards de Carlos et David que combattre ce virus (?) sera leur future croisade.

Bilan : Un épisode qui souffle le chaud et le froid, la frivolité et le drame, le pessimisme et la légèreté... Mais est-ce que ce n'est pas ça, au fond, ReGenesis, un coktail d'émotions contradictoires dans l'univers scientifique ? Sans doute un peu moins homogène que le précédent épisode, il se rattrappe par l'émotion qu'il suscite chez le téléspectateur.

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