16.05.2007

Grey's Anatomy - 3.24 - Testing 1-2-3

Private Practice ayant été comme prévu retenu par ABC dans sa grille de rentrée, nous assistons donc aux derniers épisodes de Grey's Anatomy avec Addison. Un tel départ -avec les autres interrogations en attente du season finale-m'amène à espérer l'introduction de sang neuf, pour une série qui finit difficilement sa saison 3 sous perfusion.

Cet avant-dernier épisode de la saison nous place au jour redouté de l'examen tant attendu, mais nos internes ne manquent pas de distractions.

Commençons sans doute par celle qui est le plus à plaindre. Se faire gifler par son père et tenue responsable de la mort de Susan n'était pas assez, la pauvre doit supporter un rejet supplémentaire puisque son père vient jusqu'à l'hôpital pour déclarer à Meredith que personne ne veut d'elle aux funérailles. Le lien patiemment tissé par Susan entre la fille et cette famille inconnue a lâché sitôt le décès de cette âme attentionnée. Il convient de souligner les penchants pour un sadisme théâtrale des scénaristes qui montent encore une fois cette scène très dure pour Meredith, devant tous les autres médecins qui regardent compatissants... Il n'est même plus humainement possible de râler contre la jeune femme, tellement on finit affligé par toutes ces tuiles. Jusqu'où peut-elle tenir ? Si les scénaristes rivalisent d'imagination pour accabler un peu plus Meredith, il faudrait quand même que quelqu'un chez eux se rendent compte qu'ils ont déjà plus qu'abusivement exploité ce ressort. Les excès ne font jamais rien de bon et ce cycle sans fin des malheurs de Meredith va finir par dessensibiliser totalement leurs téléspectateurs.

Meredith craque cependant dans l'épisode. Incapable de passer le test, elle reste le regard perdu dans le vide tandis que ses amis s'agitent pour la sortir de sa torpeur. Cela suit un schéma très similaire aux scènes dans la salle de bain avec Izzie en début de saison. D'autant que le fossé entre Meredith et Derek continue de se creuser. C'est George en pleine salle d'opération qui doit l'informer de l'état de sa petite amie officielle. Il n'y a pas eu de rupture, mais les deux personnages paraissent évoluer complètement séparément désormais. C'est d'ailleurs finalement vers une figure paternelle de substitution qu'il faut se tourner : le Chef, qui, malgré tout, pas toujours très subtilement, est toujours là pour la "fille d'Ellis". A croire que les amants de ses parents biologiques méritent plus de reconnaissance finalement que les véritables... Le Chef autorise Meredith à rattraper son examen, pour éviter de refaire l'année d'internat. Nous verrons si tous nos internes passent ce test avec succès. Il n'est pas rare d'utiliser ce prétexte pour bousculer un peu les lignes. Je retiendrais principalement de cette storyline le caractère quand même très soudé de notre "club des cinq". Malgré leurs divergences, leurs problèmes relationnels, même Alex s'est intégré.

Parallèlement, Derek, encore à ses problèmes de couple, est réquisitionné par Burke pour être son témoin à son mariage très prochain, puisque prévu le lendemain (il fera la clôture de la saison). Le temps d'organiser une bachelor party dans le bar d'en face, en y invitant finalement nos quatre chirurgiens habituels. Les piques échangés entre Addison, Derek et Mark, pour cet étrange triangle d'ex-amis/amants, sont assez sympathiques, sans parvenir à totalement redynamiser l'ensemble. Mais surtout, Derek n'est pas insensible à une jeune femme qui l'aborde alors qu'il est accoudé au bar. Un petit air persistant de déjà vu flotte sur cette scène, même si Derek décline les avances pressantes de la jolie brunette. Le couple MerDer s'éloigne un peu plus...

Tandis que Cristina explique avec fermeté ses priorités à Burke, la rédaction des voeux pour son mariage n'étant pas le sujet du jour, préférant se concentrer sur le test, ses amis ont plus de difficulté à compartimenter leurs préoccupations. Alex découvre qu'Ava lui ment depuis plusieurs jours... Elle a en fait retrouvé la mémoire. Soudain, elle n'apparait plus comme la jeune femme perdue, mais plus calculatrice, avec un background conséquent derrière et une vie qui ne lui plaisait plus... Le personnage apparait sous une lumière différente. Alex ne prend évidemment pas bien la chose, mais encore une fois, Ava, ou plutôt Rebecca Pope, tâche de se faire pardonner. Je reste très neutre sur ces développements, préférant attendre le dénouement pour me prononcer.

La star de l'épisode, qui assure en pratique trois chirurgies en même temps, c'est incontestablement Callie, que j'apprécie finalement de plus en plus. Maîtrise professionnelle et efficacité... voilà soudain qu'elle génère un doute chez Bailey. C'est que le Chef doit présenter ses favoris aux postes de chef de chirurgie et de chief resident le lendemain au conseil d'administration de l'hôpital. La haute estime de ce dernier pour Bailey est un fait connu, sans aller jusqu'à parler de favoritisme, et il faut bien avouer que Bailey mérite sa bonne réputation... Cependant, cela n'empêche pas d'autres chirurgiens d'avoir postulé au poste en apparence promis à la préférée du Chef, dont Callie. Je me dis qu'il n'est pas possible que les scénaristes nous introduisent soudain ce détail sans qu'il y ait une indication pour une future surprise. Nous verrons bien.

En tout cas, Callie semble prête à faire des plans pour le futur. Elle mentionne son envie d'avoir un enfant à Addison, elle est ravie lorsque George annonce qu'il est pris à l'hôpital où il a demandé son transfert... Elle arrange tout, et l'on devine pourtant que, déjà, les fondations se fissurent. Le transfert de George n'est pas du tout bien accueilli par ses supérieurs, Baily lui offrant un sec discours sur le gâchis que va devenir sa carrière... Izzie le supplie de ne pas s'en aller. Non seulement pour elle, mais également pour l'équipe qu'ils forment tous les cinq. Tandis que le regard soupçonneux de Callie se pose à plusieurs reprises sur cette rivale qui va briser son mariage. C'est qu'Izzie devient de plus en plus émotive, totalement amoureuse désormais, confrontée à cet amour impossible, elle a besoin de crier ses sentiments au vu de tous... Cristina lui demande si elle parle bien de Denny, la confirmation d'Izzie ne convaint qu'à moitié une Callie mortifiée. Ah, l'amour. Fleur bleue, la rencontre de deux âmes, c'est l'émulation... Un final explosif se profile, peuplé de scènes de ménage, où les tensions qui se sont accumulées dans tous les couples vont exploser. Est-ce normal que la seule interrogation que cette storyline me laisse, accompagné d'une certaine amertume, c'est de savoir si Grey's Anatomy a définitivement franchi le cap d'une caricature de soap sans saveur ?

Enfin, Addison n'a pas encore eu le temps d'accepter la nouvelle de sa stérilité qu'elle est confrontée à divers cas médicaux qui la lui rappellent constamment. C'est tout d'abord le barman et son petit ami -un couple toujours aussi sympathiques- qui lui présentent une jeune femme qui pourrait leur laisser adopter ses jumeaux. Une grossesse difficile qui s'annonce. Mais c'est surtout le cas d'Adèle qui focalise l'attention. L'ex-femme du Chef est tombée enceinte, à 52 ans, c'est peu dire qu'il s'agit d'une grossesse à risque. Elle a un malaise à l'hôpital, le Chef la retrouvant évanouie dans les toilettes... Une façon d'obliger le couple à se pardonner pour que le Chef puisse effectivement prendre sa retraire -ou va-t-on encore perdre un personnage dans l'entourage de nos héros ? Comme souvent en ce moment, on se demande : n'est-ce pas un peu beaucoup (et/ou) trop ?

Bilan : Tout juste moyen, quelques étincelles entre-aperçues ne parviennent pas à relancer l'ensemble qui s'enfonce dans une morne obscurité.

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