02.12.2007
Babylon 5 (Intégral)
Aujourd'hui, j'aimerai vous parler d'une "vieille" série. Non pas une visionnée "en direct des USA" (ou "directement en sortie d'usine"), mais une oeuvre qui a marqué les années 90 (diffusée de 1993 à 1998). Si elle a commencé à prendre de l'âge, Battlestar Galactica ayant donné un brusque coup de vieux à toutes les séries passées de science-fiction, Babylon 5 demeure une référence dans le paysage de la science-fiction. Une étape fondamentale dans la SF moderne qui mérite d'être visionnée (que j'ai achevé au cours de l'automne).

La série...
Babylon 5 raconte l'histoire de la cinquième station Babylon. Nous sommes au XXIIIe siècle. L'Homme s'est aventuré dans les étoiles et a découvert qu'il était loin d'y être seul. Plus d'un siècle après la rencontre avec sa première race d'extraterrestres, les Centauris, l'Humanité s'est aventurée toujours plus loin dans l'univers. Imposant peu à peu sa présence, la Terre est devenue une force importante dans la galaxie. Mais la rencontre avec un peuple à la technologie très avancée, les Minbaris, bouleversa les certitudes terriennes. Un premier contact imprévu conduisit à la mort du dirigeant spirituel et politique des Minbaris. La guerre fut terrible, tournant à l'avantage de ces derniers. Mais brusquement, à la fin de la Bataille de la Ligne, les Minbaris choisirent de se rendre, sans explication.
C'est dans ce contexte que naquit le projet Babylon. Un lieu d'échanges entre les différents peuples de l'univers pour prévenir les conflits. Initiative controversée, les trois premières stations Babylon ont été sabotées avant même d'être compètement contruites. La quatrième finit par être achevée, mais elle disparut sans laisser de trace lors de sa mise en ligne. Une cinquième station fut finalement construite, avec l'aide financière d'autres nations extra-terrestres.
Chaque saison suit une année sur la station, à partir de son ouverture en 2257.
Babylon 5 était alors le dernier espoir de paix dans la galaxie.
Ce que j'en ai pensé...
Constituée de cinq saisons, la série se révèle être en réalité un cycle très travaillé, qui représente un moment crucial dans l'évolution de l'univers : elle marque l'entrée dans le troisième Âge.
L'objet du récit justifie et explique la construction scénaristique des différentes saisons, qui se présentent chacune comme un chapitre de ce changement progressif. Il s'agit à la fois d'un atout pour la cohérence d'ensemble très maîtrisée de l'univers de la fiction, mais c'est également d'une des faiblesses de la série. Elle se traduit par une inégalité entre les saisons, tant en terme d'intensité que de qualité. Schématiquement, sans gâcher les grands enjeux, il est possible de schématiser rapidement la série dans ses évolutions. La première saison occupe ainsi, avant tout, une fonction d'exposition. Elle introduit différents personnages clés et posent les enjeux futurs, que le téléspectateur n'identifie pas forcément lors du premier visionnage, maintenu dans le flou presqu'autant que le personnel de la station. La deuxième saison marque véritablement l'entrée dans la phase de l'action. Ce sont les préliminaires de la grande guerre qui se prépare. Elle met en scène l'engrenage inéluctable qui va conduire à la tragédie annoncée. La position de chacun des protagonistes se précise, tout comme la figure de l'ennemi. Les troisième et quatrième saisons sont les saisons charnières, où les batailles intergalactiques prennent le pas sur la diplomatie. C'est la guerre contre l'ennemi qui a tissé sa toile depuis le début de la série, les Ombres, mais également contre le gouvernement devenu dictatorial sur Terre. Ce sont alors les saisons les plus intenses : elles scellent l'entrée de l'Humanité dans le troisième Âge. Enfin, la cinquième saison apparaît comme une sorte d'addendum. Après un finale de la saison 4 qui aurait pu constituer une fin en soi, la saison 5 nous conte la première année de l'Alliance nouvellement formée. Quelques égarements scénaristiques (le personnage de Byron est à mon sens une erreur monumentale) n'empêchent pas cette saison de se conclure par un dernier tiers à la hauteur de la série. Le dernier épisode est ce chapitre de conclusion que l'on retrouve dans certains romans, refermant définitivement ce grand livre épique.

Ayant dès le départ une idée assez précise de ce qu'ils s'apprêtent à raconter (ce qui, soyons franc, n'est pas toujours le cas dans le monde des séries), Babylon 5 bénéficie de la construction d'une série où le mystère savamment distillé ne sera pas gâché par sa révélation, lorsque les téléspectateurs auront toutes les clés en main. Les pièces du puzzle s'emboîteront pour révéler un plan d'ensemble qui confèrera à des évènements a priori non liés tout leur sens. Les scénaristes savent où ils vont. Cela donne au récit une dimension supplémentaire que j'ai particulièrement appréciée. En effet, les scénaristes parsèment différents épisodes des rêves prémonitoires et des phrases visionnaires autant qu'énigmatiques de certains personnages. La prophétie des Minbaris, le fameux "rêve de Kosh" ou les visions apocalyptiques de Londo, intriguent autant qu'inquiètent l'imagination du téléspectateur. Le récit prend des allures de tragédies de théâtre. En effet, la prédestination apparaît rapidement comme la constante de l'engrenage d'évènements auquel on assiste. Par la perpective que la série offre, tout libre-arbitre semble échapper aux personnages dont la destinée est irrémédiablement figée. L'inévitabilité de certaines voies funestes leur donne un caractère presque oppressant. Car, les personnages sont aussi conscients de ces prémonitions que le téléspectateur. Or, toutes leurs actions qu'ils pensent en vue d'y échapper semblent ne faire qu'installer plus inéluctablement ce futur qu'ils voudraient pourtant prévenir.
Au-delà de la jeunesse du style d'écriture des scénaristes, Babylon 5 est une série qui atteint des degrés de subtilité rares dans les fictions télévisées -et qui est généralement le signe des grandes séries. Babylon 5 nous immerge dans les coulisses de la diplomatie galactique. La station spatiale ressemble initialement à une sorte d'ONU, un lieu de dialogues et d'échanges inter-raciales où se répercutent à l'échelle de la galaxie, les même enjeux immuables de luttes de pouvoir, d'influence et de conquête. Les actions des personnages reflètent ainsi ce constant et fragile équilibre entre les nécessités de la raison d'Etat, de la morale ou du nationalisme. Tout ce développement autour d'une problématique éthique est ainsi traitée avec beaucoup de réussite. A ce titre, différents personnages bénéficient d'une évolution emblématique qui illustre parfaitement la richesse de Babylon 5. Je pense notamment à G'Kar et Londo, dont les personnalités se complexifient et le regard mûrit considérablement en cinq saisons, soulignant toute l'ambiguïté dont sait également faire preuve la série.


En guise d'aperçu, voici le générique de la saison 4, un de mes favoris (à chaque fois que j'entends ce monologue, ça me transporte dans l'univers de B5) :
PS: Il est matériellement bien sûr impossible de développer et d'analyser la richesse de la mythologie de Babylon 5 dans son ensemble en une brève note de blog. Mais aussi schématique et synthétique que l'imposait l'exercice, j'espère simplement avoir fait naître la curiosité chez ceux qui n'ont jamais vu la série, ou une certaine nostalgie pour les autres (qui me pardonneront, j'espère, mes approximations et raccourcis obligatoires).
13:30 Publié dans Babylon 5 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : babylon 5




































Commentaires
Bonjour !
je suis un grand (grand) fan de Babylon 5 et effectivement lire cet article m'a transporté à nouveau dans l'univers fantastique de cette série.
J'ai soudainement envie de ressortir les DVD de mes cartons, et de me retaper l'intégralité.
Même si en effet la série a pris un peu d'âge, je ne saurais que conseiller aux nouveaux venus dans l'univers de ne surtout pas s'arrêter sur l'aspect très kitsch de la première saison; mais de continuer et de s'immerger dans l'incroyable scénario...
bon je m'arrête... mais mince Babylon5 quoi !!
(pov' Talia, elle annonçait tellement de possibilités).
allez, bye
mael
Ecrit par : mael | 04.08.2008
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