02.03.2009
Party Animals [Bilan]
Cette review s'inscrit dans le cycle :

Une fois l'annonce de l'identité du 11ème Docteur faite par la BBC, en janvier, j'avais profité de mes achats post-Noël sur un site de vente britannique de plusieurs saisons de Spooks en DVD (vu les prix et le contenu des coffrets français), pour faire rapatrier en même temps le coffret DVD des 8 épisodes que comporte la brève série Party Animals ("La Jungle du Pouvoir" ajouté en sous-titre en VF). Parce qu'un rapide passage en guest-star dans The Secret Diary of a call girl était un peu trop mince à mon goût. D'autant que je n'avais pas envie de revisionner l'épisode en question. Et puis, je n'avais pas non plus le coeur de le voir s'enamourer avec Rose Billie Piper.
Donc Party Animals semblait le choix tout indiqué pour entamer le voyage "A la découverte de Matt Smith". En plus, une série qui se déroule dans les coulisses de Westminster (vous connaissez mon attrait pour tout ce qui touche à la politique), cela valait bien un investissement en aveugle (D'ailleurs -rien à voir mais puisqu'on parle des coulisses du Parlement britannique- mais pourquoi est-ce que The Project (aka Les années Tony Blair) n'est jamais sorti en DVD nulle part ? *se lamente*).

Diffusée sur : BBC2 (Angleterre)
Date de diffusion : Hiver 2007
Nombre d'épisodes : 1 saison (8 épisodes)
C'est avec qui ?
Patrick Baladi (No Heroics, The Office UK), Andrew Buchan (The Fixer), Clemency Burton-Hill, Pip Carter, Raquel Cassidy, Shelley Conn (Dead Set, Mistresses), Andrea Riseborough (The Devil's Whore), Colin Salmon, Matt Smith (Moses Jones), Peter Wight.
Ca parle de quoi ?
Party Animals nous plonge dans les coulisses du Parlement britannique, où l'on suit les défis que doit relever une nouvelle génération de politiciens, qu'ils soient représentants parlementaires, assistants ou lobbyistes.

Et alors ?
Party Animals est une série qui se révèle dynamique et volatile, alternant légèreté et drama de façon parfois un peu brouillonne, mais en suivant une irrésistible marche en avant dans laquelle il est aisée de se laisser entraîner. Au fil des épisodes, la série se fixe progressivement en trouvant un ton qui lui correspond. Ayant initialement joué sur tous les tons, en quête d'un équilibre, elle s'installe peu à peu dans une ambiance soapesque très légère et rythmée qu'elle assume avec un certain enthousiasme.
Mettant en scène des trentenaires sexy et carriéristes, Party Animals nous entraîne dans les coulisses virevoltantes et traîtres du Parlement britannique. Ce n'est pas une série politique au sens strict du terme. Si elle aborde effectivement des sujets dits "sérieux" (exemple du premier épisode relatif aux ABSO), ces derniers constituent avant tout une toile de fond, permettant de redistribuer les cartes entre les différents protagonistes et d'arbitrer les rapports de force. En effet, Party Animals évolue principalement dans la sphère de la politique politicienne romancée, où les relations (sexuelles ou non) entre les acteurs de ce monde rythment la série, focalisant l'attention des scénaristes. Les rouages du système politique britannique sont entrevus sans réel souci pédagogique. Mais l'enjeu n'est pas là, et je ne pense que quelqu'un sans connaissance aucune du fonctionnement de la démocratie anglaise se formalise vraiment des explications minimalistes qui sont proposées ; d'autant que nous restons dans des domaines pas trop pointus et relativement universels (investiture, gestion d'une campagne...). Grâce au ton assez léger, le téléspectateur s'attache rapidement aux différents personnages. Cela permet de s'intégrer facilement dans cette ambiance, certes parfois assez caricaturale et superficielle, mais qui n'est pas dénuée de charme. Finalement, si la série ne brille pas par la rigueur ou la densité de son fond, elle tire son épingle du jeu par son dynamisme ambiant qui ne se dément pas. Le coktail prend bien. Mais si la glace est vite brisée avec le téléspectateur, Party Animals ne dépasse jamais le stade du simple divertissement presque sans conséquence.

L'un des plus atouts les plus solides de la série réside incontestablement dans son casting. Ce n'est pas un hasard si un certain nombre de ses acteurs principaux se sont vus confiés par la suite les clés d'une série. L'enthousiasme d'ensemble est contagieux et sert bien les acteurs. Ainsi, je serais tentée de dire qu'Andrew Buchan s'en sort mieux dans ce registre de lobbyste arrogant, véritable womanizer, que dans le rôle du tueur troublé qu'il incarne dans The Fixer sur ITV, mais cette impression résulte peut-être de l'écriture parfois un peu lourde de cette dernière. Ces quelques épisodes m'ont confirmée tout le bien que je pensais d'Andrea Riseborough (pleinement appréciée dans The Devil's Whore l'automne dernier) qui joue habilement sur une indolence moqueuse et pragmatique absolument charmante. Ce fut aussi l'occasion de découvrir Shelley Conn, qui jusqu'à présent avait la particularité d'avoir surtout tourné dans des séries que je ne connais que de nom, telle Mistresses. Enfin, évidemment, il faut examiner le "cas" Matt Smith, notre futur Doctor Who version Steven Moffat. Il incarne de façon très convaincante un jeune homme un peu geek, assez effacé, un brin maladroit, très idéaliste, et particulièrement persistant en amour comme au travail. Il manque à son personnage l'excentricité propre au docteur qu'il lui faudra porter, mais cette première véritable introduction m'a relativement convaincue sur les talents d'acteur de Matt Smith. D'autant qu'il sait très bien jouer sur un certain maniérisme qui collerait bien au Docteur. Bref, pour cette première rencontre, le résultat fut concluant.

Bilan : Party Animals est un mélo-soap politique rythmé qui apporte un côté très rafraîchissant au petit écran, sans révolutionner en aucune façon ce genre. Cette brève série de huit épisodes évolue sur des sentiers balisés, mais il est aisé de s'y laisser entraîner sans arrière pensée. Ce n'est pas une série "politique" dans le sens classique du terme, puisque l'univers politique sert avant tout de catalyseur aux intrigues, aux rapports de force et aux relations entre les personnages.
Au final, Party Animals est un divertissement qui s'assume pleinement, porté par un dynamisme parfois maladroit et excessif, aux dialogues pas toujours bien dosés, mais qui capitalise sur la sympathie que les personnages acquièrent rapidement, quelque soit leur camp, travailliste ou conservateur. Si la série n'a rien d'indispensable, elle vous permettra sans doute de passer un moment de détente sympathique et sans conséquence afin de se changer un peu les idées -ce qui n'est déjà pas si mal.
Pour un aperçu, voici un petit extrait vidéo du premier épisode (avec Matt Smith) :
19:09 Publié dans Bilans, Divers | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : bbc, party animals, matt smith




































Commentaires
Tiens, j'ai vu que j'avais une occasion de la voir... Je me dis qu'avec 8 petits épisodes... Donc si le point de départ ne me disait trop rien, la review est un peu plus encourageante... Reste plus qu'à essayer de lui trouver un p'tit créneau... Ce sera sûrement le plus dur...
Ecrit par : Nakayomi | 03.03.2009
Bah c'est drôle, car moi, la review m'a un peu frainée. Elle n'était pas dans ma liste prioritaire de visionnage (j'ai d'autres gros titres anglais que je n'ai pas encore vu), mais comme selon ce que tu dis, la politique, qui était ce qui me paraissait le plus intéressant ici, est très secondaire, je suis moins motivée, elle vient de perdre des places dans le classement (et comme je suis dans une phase envie de voir de la série asiat', c'est mal barrée cette affaire).
Ecrit par : Carole | 03.03.2009
Cette série m'a beaucoup plu. J'ai été attirée par cette série en raison de la présence de Shelley Conn et dans une moindre mesure de Patrick Baladi, qui jouent tous les 2 dans Mistresses, et surtout à la suite d'un article élogieux dans le Monde. Comme quoi... :)
Outre l'intrigue concernant les 3 personnages principaux, j'ai beaucoup aimé le tableau assez cynique des jeux politiques, même s'ils ne sont pas décrits en détail, mais la série ne comporte que 8 épisodes, donc la plongée profonde en eaux troubles est assez difficile.
J'y ai retrouvé ce qui m'avait déjà plus dans State of Play, une vision de la vie politique britannique et de ses jeux de pouvoir très particuliers d'un point de vue français en raison du bipartisme. Autre point intéressant, la façon dont les lobbies fonctionnent et tentent d'influencer le pouvoir.
La série est en effet bien rythmée et les personnages principaux sont suffisamment intéressants pour donner envie de suivre leur évolution. Les acteurs sont justes.
Je regrette que la série n'ait pas connu une seconde saison, je pense qu'il y avait matière à poursuivre l'aventure un peu plus loin.
Ecrit par : Nora | 03.03.2009
@ Naka :
Si tu t'attaches aux personnages, je pense vraiment que tu peux aimer. Même si cela ne rentre pas forcément exactement dans tes goûts a priori, je crois quand même que ça peut te plaire au vu du ton et de l'ambiance d'ensemble.
@ Carole :
Si la politique t'intéresse, je pense qu'il ne faut pas te laisser rebuter par le fait que ce thème sert avant tout de toile de fond à mes yeux. Cet attrait devrait te permettre de te glisser plus facilement dans cet univers, avec ces codes et ses enjeux.
En fait, ce que j'entends par le fait que ce ne soit "pas une série politique au sens strict du terme", c'est que ce n'est pas une série qui apporte une discussion sur le fond. Elle décrit les moeurs de ce monde, les rouages de la machine, mais ce n'est pas une série comme a pu être "A la Maison Blanche" pour les Etats-Unis.
En clair, "Party Animals" n'est pas à la nouvelle génération politique UK des années 2000, ce que "The Project" a pu être en tant que portrait de la génération du New Labour des années 90 (tu as dû voir cette dernière, puisque c'est avec Matthew O:-) ), où le décryptage des coulisses d'un système était beaucoup plus dense et problématisé (voire complètement désillusionné).
Et ce même si on retrouve des éléments communs, notamment les dualismes old/new party.
Une fois qu'on a bien compris que "Party Animals" avait d'autres ambitions ; plus en terme relationnels, dynamisme et ambiance d'ensemble, la série se suit très bien. Mais ce n'est pas un "The Project" des années 2000 (pour rester dans les comparaisons british).
@ Nora :
Tout d'abord, il faut que je te remercie pour le commentaire que tu avais laissé concernant "Party Animals" sur la note relative à Matt Smith qui m'a motivée pour écrire cette review que je ne parvenais pas à achever depuis plusieurs semaines. ^^
Ta référence à "State of Play" est très juste (même si le ton et les enjeux sont très différents), en ce que dans "Party Animals", on entrevoit les mécanismes et rouages de la politique britannique, avec ces codes assez rigides, mais tout s'esquisse sans non plus. Mais c'est vrai que le traitement superficiel de la politique est peut-être aussi dû au fait que les scénaristes n'aient pas pu approfondir leur univers ; même si j'ai quand même eu l'impression que cet aspect n'était pas pour eux une priorité.
Si tu t'intéresses à cette vision de la politique UK, tu as sans doute dû voir "The Project" (une fiction de 4 heures de Peter Kominsky, portrait au vitriol du New Labour de Tony Blair et du désenchantement d'une génération militante, à voir pour quiconque s'intéresse aux moeurs politiques anglaises). Si ce n'est pas le cas, je te la conseille fortement (cela s'intitule "Les Années Tony Blair" en VF).
Sinon, tournant autour de la série depuis un an, je me demande : est-ce que "Mistresses" vaut vraiment le déplacement (comme je suis dans une phase anglaise). J'avoue que a priori, au vu du pitch de départ, cela n'était pas trop ma tasse de thé. Mais j'ai pu en lire des échos plutôt. Avec la diffusion de la saison 2 et maintenant que je me suis attachée à certains acteurs, est-ce que je ne devrais pas au moins donner sa chance à cette série ?
Ecrit par : Heather | 03.03.2009
En préambule, Heather, merci pour tes papiers et tes commentaires, toujours très agréables et intéressants à lire.
Je n'ai pas vu The Project, mais ce que tu en dis m'incite à essayer de trouver la série. Ca tombe bien car je suis un peu à court de nouvelles pistes concernant des séries ou des mini séries à regarder.
J'ai progressivement abandonné les séries US, je les suis de loin en loin et d'un oeil assez distrait.
En revanche, j'ai beaucoup de plaisir à suivre leurs "cousines" britanniques. Souvent réalisées avec moins de moyens, les saisons sont beaucoup moins longues et plus faciles à suivre et souvent d'une grande intensité car il n'est plus nécessaire de faire du remplissage pour tenir la distance.
Pour revenir à Mistresses, la saison 1 m'avait bien plu, même s'il s'agit d'une intrigue très sentimentale et il faut bien l'avouer un peu à l'eau de rose. Mais les actrices étaient excellentes et les seconds rôles masculins s'en sortaient plutôt bien.
J'attendais la saison 2 avec impatience, je dois avouer que je suis moins convaincue. Les actrices sont toujours assez justes mais l'intrigue peine un peu à se développer, ça tourne un peu en rond et je trouve que le côté "guimauve" devient plus apparent.
Je continue toujours à regarder malgré tout car j'apprécie toujours Jessica (Shelley Conn) et certains personnages masculins (Simon, Hari, Dominic...). Cette série entre totalement dans la catégorie "guilty pleasure", elle ne donne pas trop mal à la tête et elle demeure encore assez distrayante à défaut d'être émouvante, ce qui était le cas lors de la 1ère saison.
A propos de Mistresses, les billets d'Alison Graham sur son blog de Radio Times résument assez bien l'impression laissée par la série, on pourrait résumer par "joli mais léger", mais ça fait aussi du bien de se changer les idées. :)
Ecrit par : Nora | 04.03.2009
Eh non, je n'ai pas vu The Project, honte à moi (mais tu as du remarquer mon incapacité totale a rester fixé, et a toujours battre des ailes un peu partout, c'est assez malsain). Je vais la noter pour le coup, au stade où en est la liste, elle n'est plus à cela près. J'ai l'impression que cela ne diminue jamais. Matthew etant un excellent argument de vente (mais bon d'un autre côté, même pour John Simm, la saison 2 de The Lakes dort encore alors que j'avais bcp aimé la premiere, donc je suis irréparable).
Quant à Mistresses, j'irais dans le sens de Nora. Une premiere saison plutot sympathique, rien de révolutionnaire, mais je m'étais pris au jeu, cela se laissait étrangement voir (et je pense que tu le sais, les séries visant un public féminin ne se battent pas en nb sur mon écran). Par contre, la seconde saison est plutot une déception, trop clichés, et des intrigues assez creuses.
Ecrit par : Carole | 04.03.2009
@ Nora & Carole, concernant Mistresses : Etant sans doute un peu comme Carole relativement aux séries visant un public féminin -j'en regarde assez peu et c'est souvent assez éloigné de mes genres de prédilection-, c'est avant tout pour cela que j'avais écarté Mistresses (en plus du manque de temps) lors de la saison 1. Mais même si vous semblez déçues par la saison 2, je vais peut-être quand même la noter sur ma liste des choses à voir. Si la saison 1 est sympathique, mettant en scène une galerie de personnages plutôt appréciable, une petite série pour se détendre, c'est aussi agréable parfois. A réserver pour les moments de stress, afin de se changer un peu les idées !
Concernant The Project ( http://www.bbc.co.uk/drama/theproject/ ) : J'avoue que ce drama, en plus d'être vraiment une fiction de qualité à voir, tient une place particulière à mon coeur de sériephile car en 2003, lorsque Arte (qui est coproducteur) l'avait diffusé (en VOST), ça a été sans doute ma première véritable introduction à l'univers de la fiction britannique. C'était un autre monde au niveau des codes politiques ; mais ça a été surtout mon billet d'entrée dans les fictions britanniques que j'avais regardé de très loin jusqu'alors, beaucoup plus orienté côté américain. Le ton et le savoir-faire m'avait intrigué... Si bien que progressivement... J'ai d'abord recherché les autres fictions de P. Kominsky (comme l'inoubliable et traumatisant Warriors, avec Matthew (McFadyen) encore, mais aussi Damian Lewis, Ioan Gruffudd, Darren Morfitt). Puis ça a été l'exploration des filmographies de ces différents acteurs -surtout Matthew depuis The Project. C'est comme ça que je suis arrivée devant Spooks, qui, elle, a été mon introduction véritable dans les séries britanniques.
Mais rétrospectivement, alors qu'aujourd'hui je traverse ma "phase british", au fond, on peut se dire que tout est parti de The Project. (Malheureusement, le drama n'est jamais sorti en DVD ; et mon enregistrement VHS sur Arte s'est égaré quelque part dans un classement des cassettes lorsqu'il a fallu faire la place pour les DVD).
Enfin, ça ne nous rajeunit pas tout ça, mais c'est assez amusant de se remémorer toute cette histoire personnelle sériephile. On a tous ces circonstances particulières qui entourent le visionage de certaines séries.
@ Carole : Tiens, de mon côté, The Lakes est en bonne place sur ma liste (j'en ai toujours lu beaucoup de bien, et puis... John Simm...), mais je n'ai pas encore trouvé l'opportunité de m'y mettre. Ce que tu en dis me conduit à monter un peu plus la série en terme de priorité de visionage.
Ecrit par : Heather | 05.03.2009
A propos des fictions réalisées par Peter Kosminsky, je viens de me rendre compte que c'est également lui qui a réalisé un téléfilm bouleversant sur les attentats de Londres. Ce drama est passé sur Arte il y a quelque mois, il s'intitule "Les Graines de la colère" (titre original Britz) et j'ai rarement vu quelque chose d'aussi prenant et d'aussi fort sur le sujet. Je ne connais pas Warriors mais rien que le casting est plus que prometteur.
Dans un tout autre domaine, la raison pour laquelle je me suis retrouvée à regarder Mistresses a un nom : Raza Jafrey que j'avais remarqué dans Spooks. Un soir en zappant je suis tombée sur une scène de Mistresses où figurait Zaf-Raza, ça m'a intrigué et voilà comment j'ai commencé à suivre une série qui n'entre pas nécessairement dans ce que je préfère car elle tout de même très "girly".
Ecrit par : Nora | 05.03.2009
Généralement, les fictions de Peter Kominsky, c'est du solide, souvent très dense et engagé, dont on ressort rarement complètement indemne. C'est un créateur dont je suis tous les dramas avec beaucoup d'attention, je dois dire.
Et, effectivement "Britz" était une fiction très forte ; peut-être un moins abouti dans certains aspects de la rhétorique qu'il expose que d'autres de ces fictions, mais cela reste un drama à voir et qui soulève des questions bien réelles.
Kominsky a également réalisé une fiction relative à la guerre en Irak à travers la question des "armes de destruction massives" en Angleterre, en traitant de l'affaire David Kelly (le suicide de cet expert en armement), intitulé "The Government Inspector". Avec toujours des thématiques récurrentes dans ces fictions : en l'occurence ici c'est la question des justifications de la guerre avec le dossier sur les ADM, et le rôle du gouvernement britannique, des médias (la BBC)...
Concernant "Warriors", ce drama évoque la guerre en Yougoslavie au début des années 90 et suit des soldats britanniques envoyés sous mandat de l'ONU (des casques bleus) sur le terrain. C'est vraiment très fort, voir traumatisant. Il y a des scènes qui me hantent toujours de ce drama (il était d'ailleurs passé également sur Arte). C'est une fiction qui pointe l'inefficacité des casques bleus, de l'ONU en général, en racontant plus précisément l'histoire de ces casques bleus. L'impuissance, la frustration, de ces soldats à qui on ordonne de ne pas intervenir alors qu'ils assistent à des répressions, des scènes d'horreur où tout nécessiterait leur intervention. C'est leur progressive destruction également que l'on suit au fil de ce drama, dont on ne sort vraiment pas indemne. Je conseille très fortement "Warriors", mais ce n'est pas une fiction que l'on regarde pour se divertir. C'est éprouvant.
Sinon, j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup de têtes connues dans Mistresses (en même temps, dans les séries britanniques, étant donné qu'elles sont plus brèves que les séries US et que le choix est logiquement moindre ; c'est certain qu'on croise toujours les mêmes têtes). Il faudra quand même que je découvre cela !
Ecrit par : Heather | 05.03.2009
Quels échanges vous avez eu! Vous en avez des choses à dire. Bon alors moi je ne suis pas vraiment fan du type de fictions dont vous parlez, donc forcément, je ne les regarde pas. Mais Warriors traine aux côtés de The Lakes et cie... Je n'y peux rien, je suis un mauvais disciple, trop de choses à voir, et trop peu de temps. Par contre, pour le coup, cela me permet d'aborder un point, tu ne regardes pas de costume drama ? Il n'y en a pas vraiment dans le listing (à part The Devil's Whore), et comme c'est un genre important là-bas, je me demandais. Je suis H.S. désolée...
Ecrit par : Carole | 05.03.2009
Cette note aura vraiment généré une discussion importante. ^^ Mais c'est toujours sympathique ce genre de discussion spontanée.
Concernant donc les "costume drama", cela dépend ce qui rentre dans cette catégorie ; et je crois que je fais des distinctions suivant la période mise en scène.
- J'adore les fictions historiques. Ainsi, j'ai beaucoup aimé Elizabeth I, Charles II, ou encore City of Vice. De manière générale, la mise en scène de l'Histoire avec un H est un sujet qui me passionne. Je suis fan des dramas historiques, sans nul doute.
- En revanche, j'aime beaucoup moins (voire pas du tout) les adaptations XVIIIe d'histoires d'amour dont la plus grande représentante est évidemment Jane Austen. J'ai apprécié Lost in Austen, certes. Mais ensuite tout ce qui est Pride & Prejudice, et consorts, si j'en ai vu certains en raison du casting, ce n'est pas ma tasse de thé. De manière générale, je ne suis pas quelqu'un qui apprécie cette littérature à la base. Donc je ne suis pas très emballée par ce genre.
- Enfin, plus au XIXe siècle, les adaptations de livres comme Cranford ou Little Dorrit se laissent suivre ; mais je n'ai pas été plus emballé que ça. J'ai quelques fictions de ce genre dans ma liste de choses à voir, comme "Bleak House" dont on m'a dit du bien, je verrais si cela me plaît plus.
Au final, je crois que jusqu'à présent j'ai surtout aimé des "costumes drama" qui se déroulent au Moyen-Âge ou à l'époque moderne, moins l'époque contemporaine. Mais je pense que cela vient peut-être aussi du fait que je n'ai pas encore eu trop le temps d'explorer les fictions relatives au XIXe siècle (ce qui est un peu un comble, étant donné que je travaille sur le XIXe siècle-début XXe dans la vie de tous les jours... lol).
Tu as des "costumes drama" que tu conseillerais ? (Pour me faire pleinement apprécier le genre)
Ecrit par : Heather | 06.03.2009
"Tu as des "costumes drama" que tu conseillerais ? (Pour me faire pleinement apprécier le genre) : Ola quelle question, je suis des séries anglaises depuis moins longtemps et j'en ai sûrement moins vu que toi. Surtout que je suis bien plus de séries américaines. Et, surtout, surtout, nous avons un gros désaccord, j'adore Jane Austen, et ce ne sont pas que des "histoires d'amour". Je suis un peu étonnée d'ailleurs de lire cela de la part de quelqu'un comme toi qui aime l'histoire, alors qu'Austen est réputée justement pour son ton assez ironique sur la société de l'époque. Certes, elle jouait dans la cour du relationnelle, plus que dans la fresque, mais quand même, c'est très réducteur, elle faisait tellement plus que raconter des simples histoires d'amour, il y avait quand même derrière une analogie des préjugés de l'époque et des analyses sur les comportements sociaux.
Pour rigoler, je me dis qu'on devrait faire un échange, genre je regarde une série anglaise que tu me conseilles, et tu en regardes une que je te conseille (j'imagine la tâche plus ardue pour moi de t'en trouver).
En opposition à Austen, par contre, Tess est assez noire comme série. Disons que si t'es déprimée, c'est pas le moment de la regarder.
Ecrit par : Carole | 06.03.2009
Ah, Jane Austen ! Quand j'en parle avec des amateurs, notamment de littérature anglaise, on m'a souvent la même remarque que la tienne.
Je me dis parfois que j'ai peut-être tenté cet univers trop tôt, alors que j'étais encore en train de découvrir le ton des fictions britanniques. Ca ne correspondait à ce que j'en attendais à l'époque ; et j'en ai conçu des préjugés tenaces, peut-être pas pleinement justifiés. Je ne sais pas...
Et puis, je n'ai pas une formation d'historienne "pure". L'analyse des comportements sociaux m'est beaucoup plus étrangère par rapport l'approche du passé à travers le prisme du pouvoir politique et du judiciaire, qui constituent mon angle d'attaque habituel de l'histoire. Ce qui fait que j'ai pu être moins sensible à cet aspect.
Alala, c'est un mystère. lol. Mais au vu de toutes les personnes, aux goûts quand même pas trop éloignées du mien, que je croise sur le net et qui m'en disent du bien, je redonnerai sans doute un jour une chance à tout ce pan des fictions (la prochaine fois que les anglais en feront une adaptation, ce qui ne serait sans doute tarder, les connaissant. lol).
"Pour rigoler, je me dis qu'on devrait faire un échange, genre je regarde une série anglaise que tu me conseilles, et tu en regardes une que je te conseille (j'imagine la tâche plus ardue pour moi de t'en trouver)."
--> Hi hi, ça peut être une idée car ce serait un moyen pour se motiver et sélectionner une fiction dans nos longues listes en constantes expansion, composées de séries "à voir". Il faudrait que j'y réfléchisse.
"Ola quelle question, je suis des séries anglaises depuis moins longtemps et j'en ai sûrement moins vu que toi. Surtout que je suis bien plus de séries américaines. "
--> Ola bis ^^, je crois que tu sur-estimes grandement ma connaissance des séries britanniques. J'en suis encore au b.a-ba de la constitution des bases sur le sujet ! On en est soit au même niveau à peu près, soit même je penserai que tu as une connaissance bien plus homogène et pointue du sujet.
Et puis, il ne faut pas croire, parce que je parle que de séries UK dans ces colonnes depuis quelques mois, que je ne regarde pas un certain nombre de séries US à côté ! Actuellement, la série en cours de diffusion qui me bluffe est bien américaine, puisque ce sont les polygames de "Big Love". Mais du côté US, je pense quand même que j'ai fait un peu le tour du sujet, du moins pour les séries "majeures" . Il y a bien quelques petits chefs d'oeuvre introuvables qui doivent me manquer ; et je n'ai toujours pas commencé Star Trek (je sais, c'est une honte pour une fan de SF), mais sinon (j'ai eu une période US très intensive de "constitution de culture sériephile" de 2000 à 2007)... Certes, j'ai abandonné Lost il y a des années et n'ai jamais compris le phénomène. Idem pour DH par exemple. Mais après, ce sont des questions de goûts et d'affinités aussi.
Au fond, si je me tourne un peu plus vers le UK, c'est peut-être une suite logique à l'exploration des séries... Ensuite, il sera toujours temps de partir... vers l'Asie, qui sait ? Je fonctionne beaucoup par cycle.
PS : Toutes nos disgressions me donnent des idées de billets sur la sériephilie. ^^
Ecrit par : Heather | 06.03.2009
"je redonnerai sans doute un jour une chance à tout ce pan des fictions (la prochaine fois que les anglais en feront une adaptation, ce qui ne serait sans doute tarder, les connaissant. lol)." : Il y a une adaptation d'Emma pour BBC de prévue. hihi! Emma est un bon livre, justement, sur ce plan là, vu que c'est surement l'une des heroines d'Austen les plus difficile à aborder de par sa haute position sociale (elle a la prétention qui va avec).
"Et puis, je n'ai pas une formation d'historienne "pure". L'analyse des comportements sociaux m'est beaucoup plus étrangère par rapport l'approche du passé à travers le prisme du pouvoir politique et du judiciaire, qui constituent mon angle d'attaque habituel de l'histoire. " : C'est drôle, durant mes études, je fuyais ce qui était politique, je trouvais cela rébarbatif, mais disons que c'était la thématique de la période contempo, et moi, j'étais ultra époque romaine et moderne. Alors quand j'avais le choix, j'allais la dedans. Pourtant c'est supra politique aussi, mais j'imagine que l'approche me séduisait plus. Mais bon, d'un autre côté, je pense que c'est une question de perception plus que de formation, vu que je lisais du Austen avant de me retrouver inexplicablement dans la branche sciences humaines. j'ai des amies qui ne voient que l'aspect romantique de ces romans. Peut etre que les premieres idées t'avaient mise sur la mauvaise voie. Tu as vu l'adaptation avec Matthew d'ailleurs de P&P ?
"et je n'ai toujours pas commencé Star Trek (je sais, c'est une honte pour une fan de SF)" : bouhhh, honte à toi! hihi! Tu ne reconnais pas les guest quand tu les vois alors, c'est pas cool (j'adore cela dans l'univers SF).
Autrement, tu vois, on a un gros point commun là, j'ai lâché Lost et DH très vite.
Moi je ne fonctionne pas trop par cycle, à vrai dire, le plus dure étant à mon avis de trouver un équilibre. En fait, finalement, comme dans l'univers bd-esque, je me nourris, je forme une base. Il manquera toujours des classiques, mais disons que je construis le sol, et puis après, avec le temps, ça trouve sa place, mais il n'y a jamais assez de temps. C'est très difficile dans l'univers asiatique, ils ont une production importante et c'est plusieurs pays. J'imagine que tu te dirigeras surement plus vers le Japon, la Corée étant très série d'amour (etrangement, c'est là où je suis, alors bon), et pour ce que j'ai vu de Taiwan, c'est aussi le cas. Il y a plus. Par contre, en Corée, y a son lot de drama historique! (en chine aussi, mais je ne me suis pas penché sur la question, il me manque trop encore). Bref, construire les fondations, sans boulimie, pour que cela s'équilibre tout seul, voilà comment je semble fonctionner, ce qui fait qu'il me manque bcp en Angleterre, tu cites tj bcp que je n'ai pas vu. J'imagine qu'avec un comparatif de liste, je perdrais assez facilement, je pense. Enfin, je m'égare.
PS : Oh, j'espère que cela va donner le jour à de beaux billets!
Ecrit par : Carole | 07.03.2009
Ecrire un commentaire