13.12.2008
MI-5 (Spooks) - Saison 7 [Bilan]
[Le billet qui suit constitue un bilan global de la saison 7 de MI-5 (Spooks), dont la diffusion des huit (trop brefs) épisodes s'est achevée cette semaine sur BBC1. Attention spoilers.]
Il est des habitudes sériephiles qui paraissent ne pouvoir être remises en cause. Spooks est pour moi ce rendez-vous automnal incontournable, dont je n'ose imaginer devoir me passer pour une rentrée. Il faut avouer que la thématique de l'espionnage a toujours trouvé en moi un écho particulier. J'ai grandi en dévorant les romans de John Le Carré. Plus récemment, j'adore toujours découvrir les dernières oeuvres de Stella Rimington ou Percy Kemp. Initialement présentée comme le possible dernier retour de la série britannique par certaines rumeurs, l'attente envers cette septième saison était d'autant plus forte. Frustration supplémentaire pour le fan, elle n'est composée que de huit épisodes qui, comme souvent, défilent trop vite pour parvenir à ce dénouement classique, immuable cliffhanger qui nous invite immanquablement à prendre rendez-vous pour le septembre suivant en nous rongeant les sangs. Heureusement, le succès tant critique, que publique, de cette septième saison aura achevé de convaincre les dirigeants que cela ne pouvait finir ainsi, qu'il y avait encore un potentiel à exploiter, même après sept années. Une huitième saison a été commandée - un des renouvellements les plus heureux de ces derniers mois. La saison 7 de MI-5 s'est donc achevée sur un de ces cliffhangers "so spook-esque" dont la série a le secret. Et, sans la moindre hésitation, je serai au rendez-vous l'an prochain !
La saison 7 de MI-5 constitue en effet une vraie réussite, méritant amplement l'excellent buzz qui l'a entourée. Sans n'avoir jamais véritablement failli, certaines saisons de Spooks furent plus marquantes que d'autres, plus achevées dans leur arc scénaristique ou dans le traitement et l'exploration de la psychologie des personnages. Je garde un souvenir relativement mitigé des saisons 3 et 4, tandis que l'enthousiasme que surent provoquer chez moi les saisons 1 et 5 restent une de mes références en matière d'espionnage.
Ce qui crée l'attractivité indéniable de cette saison, c'est tout d'abord la volonté affichée d'un retour aux fondamentaux. Comprendre : la Russie. Des opérations d'infiltration antérieures à la chute du Mur de Berlin, des agents doubles ou triples oscillant entre diverses loyautés, des conversations obscures dans les recoins de petite librairie londonienne - image d'Epinal s'il en est -, des cartes postales codées et, enfin, le retour du spectre nucléaire, qui revient troubler ces jeux d'espion, en guise d'épée de Damoclès... Les scénaristes ont revu leurs classiques en matière d'espionnage pour nous dépeindre, avec ce souci caractéristique du détail, le réveil du géant Russe. Ils exploitent de manière inspirée tous ces ingrédients connus, mais toujours aussi diablement efficaces, qui ont fait le succès de ce genre toujours prisé. Des propos vaguement comminatoires relatifs au projet de bouclier anti-missile, qui replace l'Europe au centre de ce revival de Guerre froide se jouant entre Russes et Américains, jusqu'à cette transmission sibylline "Rain from Heaven" qui réveille les pires peurs d'une époque que l'on aurait pu croire définitivement révolue - le risque d'une bombe nucléaire soviétique explosant en plein coeur de Londres -, le téléspectateur se laisse prendre dans les turbulences de ce fil rouge Russe qui plane sur cette saison 7. Dans cet affrontement des deux Grands sur le terrain Européen, l'Angleterre se présente comme un arbitre, entretenant avec ces pays des relations marquées par le sceau de l'ambivalence, dans lesquelles l'allié se révèle parfois aussi dangereux et retors, si ce n'est plus, que l'ennemi déclaré. Or, parmi les atouts fluctuants du MI-5 figure une vieille opération mise au point, notamment par Harry, il y a plus de vingt ans, Sugar Horse. Initialement destinée à permettre l'entretien d'un réseau d'informateurs au sein des hautes sphères étatiques russes dans l'optique de prévenir le risque nucléaire, presque mise en sommeil depuis lors, elle ressurgit soudain lorsque Harry apprend que le FSB (héritier du KGB) connaît l'existence du réseau, à défaut d'en avoir identifié les membres. Entre taupes, jeux de dupes et alliés circonstantiels, cette saison ira de rebondissements en retournements de situation, suivant un rythme endiablé où les enjeux deviennent de plus en plus importants. Pour autant, la saison n'occulte pas les thématiques désormais traditionnelles du terrorisme islamiste ou d'autres dangers tout aussi conjoncturels, telle cette évocation de la crise économique et les dérives des pratiques boursières. Des épisodes, simples stand-alone, se glissent dans le fil narratif de la saison, pour permettre de jouer sur tous les tableaux de l'espionnage moderne, même si l'ombre Russe ne s'éloigne jamais complètement.

De plus, ce fut une saison doublement éprouvante pour le téléspectateur, l'action se mêlant à l'émotion. En effet, suivant leur politique habituelle, les scénaristes auront une fois de plus mené la vie dure à leurs personnages principaux. Pas moins de deux décès, plus ou moins attendus, parmi l'équipe, au cours de cette petite huitaine d'épisodes. Si la mort de Ben n'a sans doute pas un impact majeur sur l'équilibre relationnel entre les différents protagonistes, Jo perdant un vis-à-vis qui n'a jamais su véritablement s'imposer, à la différence de la jeune femme. Ben était une présence en retrait, dont l'exécution froide par la taupe au sein MI-5 ne bouleverse pas la donne, mais qui constitue un brutal rappel du danger constant de l'univers dans lequel les personnages évoluent, les scénaristes n'ayant jamais hésité à sacrifier un membre de l'équipe. Cependant, l'émotion est autrement plus forte pour le drame sur lequel se clôture le premier épisode de la saison. Une fin tragique que le téléspectateur savait inconsciemment inévitable depuis la mort de Fiona (il y a déjà deux saisons), mais qui vient cependant le heurter de plein fouet : la mort d'Adam Carter. Le détachement avec lequel Spooks manie les drames et met en scène les morts a tendance à dessensibiliser le téléspectateur. Ce qui fait que je pleure rarement devant Spooks, en dépit de l'amertume que génèrent régulièrement certains épilogues. Mais j'avoue avoir fondu en larmes devant cette scène finale où Harry retrouve leur petit garçon sur le terrain de football, innocent gamin désormais orphelin qui aura tout perdu sur l'autel de ces amers - et si souvent vains - jeux d'espions.
Ce n'est pas la première fois que Spooks choisit d'introduire un nouveau venu destiné à remplacer un personnage avant même que le départ de ce dernier ne soit entériné (on se souviendra du passage de témoin entre Tom et Adam en début de saison 3). Cependant, si humainement la transition fut quelque peu difficile (le temps pour le téléspectateur toujours un brin sentimental de se remettre de la mort d'Adam), l'introduction de Lucas North fut scénaristiquement parfaitement bien gérée, consacrant dès le départ l'orientation Russe de la saison. Lucas North est un agent secret britannique qui vient de passer les huit dernières années au fond d'une geôle russe. Récupéré par Harry, grâce à un échange de prisonniers, il apporte avec lui quelques unes des pièces manquantes de l'intrigue principale. Il fut en effet torturé par les Russes pour qu'il leur livre des informations sur une obscure opération dont il ignorait tout, Sugar Horse... Lucas North (très bien interprété par Richard Armitage, croisé dans Robin Hood ou encore North & South), plus sombre qu'Adam et s'inscrivant plutôt dans la lignée du Tom des débuts de la série, s'insère sans peine dans une équipe dont la direction échoit logiquement à Ros.
Bilan : Au final, cette saison 7 aura été un excellent cru pour la série, s'offrant un retour aux sources revivifiant. D'une très grande densité, dans les différentes storylines traitées comme dans l'évolution des personnages, elle parvient à mêler sans fausse note un fil rouge Russe prenant qui se conclut par un frustrant cliffhanger, mais également des stand-alone qui sont l'occasion à la série de réciter ses classiques avec une efficacité constamment réaffirmée.
A savourer sans modération.
Pour un aperçu, la bande-annonce de cette saison 7 :
Enfin, en bonus, pour faire connaissance avec Richard Armitage et son personnage, Lucas North, découvrez-le dans une interview dans l'émission BBC Breakfast :
Lectures complémentaires conseillées :
- Les critiques de chacun des épisodes sur Critictoo.
20:39 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : spooks, mi-5, bbc
25.11.2006
MI-5 (Spooks) - Episodes 5.06 & 5.07
Un double épisode qui va véritablement crescendo, commençant avec une première partie sans doute un ton en-dessous pour pleinement exploiter ensuite la situation dramatique posée dans le second épisode.
Sur le fond, la série aborde cette fois les conflits sur le contrôle des matières premières et l'enjeu pétrolier. La Grande-Bretagne dans le but de s'assurer une relation privilégiée avec l'Arabie Saoudite pour ses importations de pétrole s'apprête à signer avec elle des accords prévoyant le transfert de technologies nucléaires. Mais au-delà de la future pénurie de pétrole, ce projet pose un autre problème, de sécurité. Peut-on confier du nucléaire à un régime politique à la stabilité de celui de l'Arabie Saoudite où les islamistes sont, qui plus est, bien implantés ? Le débat est dans l'air, Adam est très perplexe. Reste qu'en parallèle, une alerte générale est déclenchée, des attentats sont en préparation, ce qui occupe la plupart des membres de l'unité. Les débats théoriques sur la prolifération nucléaire attendront. Ros doit faire avec les moyens du bord pour enquêter sur l'accord en voie de finalisation avec l'Arabie Saoudite. Elle doit découvrir qui parmi les 4 princes saoudiens, venus à Londres pour conclure l'accord, traiterait avec Al Quaëda, selon les dires du MI-6.
A priori, cela s'avère prometteur. Malheureusement, le premier épisode rencontre quelques défauts de mise en route.
Tout d'abord, les problèmes d'Adam continuent d'être développés, et comme précédemment annoncé, il finit dans le lit de la babysitter. J'ai trouvé la scène où il lui révèle être agent secret tombant vraiment à plat. Je n'ai pas réussi à ressentir la moindre empathie face aux errements d'Adam. Je vais paraître nostalgique, mais il me parait bien loin le temps où je partageais totalement les errances et les inquiétudes de Tom. D'autant que si Zaf doit supporter les humeurs d'Adam, il n'y a pas vraiment de répercussions dans l'unité. Ce n'est pas très homogène. Traité de façon un peu déconnecté.
Autre problème, c'est l'avance pharaonique que le téléspectateur dispose cette fois sur nos agents du MI-5 dans leur enquête. Un épisode et demi quand même ! Dès la scène d'ouverture où deux des terroristes ayant placé sur écoute des officiels britanniques apprennent le deal envisagé par la Grande-Bretagne avec l'Arabie Saoudite, on devine qu'Al Quaëda n'a rien à voir là-dedans. Il s'agit d'un espionnage d'un autre niveau, d'une logistique bien plus importante et calculée. Au vu de l'enjeu en question, on soupçonne quasi immédiatement, dès cette première scène, le Mossad. Et nous sommes alors simplement témoins des indices concordants qui s'accumulent (la rencontre avec l'agent du MI-6 avec la liste des terroristes en puissance sous surveillance est l'évènement qui confirme les très forts soupçons antérieurs) tandis que le MI-5 s'aveugle et subit leurs manipulations.
Cela donne au téléspectateur trop d'avance par rapport au MI-5, devenant véritablement frustrant.
En dehors de ces deux aspects, le premier épisode est intéressant. C'est de l'espionnage de haute voltige, puisqu'il s'agit d'une confrontation MI-5/Mossad. Cependant, la série retrouve véritablement son rythme dans le second épisode. La tension dramatique est palpable durant toute la prise d'otages au Saudi Trade Center. Les terroristes confirment ne pas être ceux que l'on pouvait croire initialement, Ros s'efforce de faire preuve de sang froid, mais elle est trahie par un renseignement venant directement de Thames House. Les scènes d'exécution, les tentatives de communcation, tout est mené avec un froid réalisme, très efficace. Le téléspectateur est happé par la force de l'ensemble.
Les pièces s'emboîtent petit à petit du côté du MI-5, les fausses bombes sur les kamikazes arrêtés sont la première indication concrète qu'un plan d'une plus grande envergure est à l'oeuvre. Une manipulation menée avec une telle maîtrise sème le trouble dans les esprits des agents, cependant, l'alternative qui s'offre à eux apparaît trop extravagante, irréelle, pour qu'elle soit réelle. Pourtant, Adam donne sans le vouloir un autre élément au téléspectateur,
en disant que l'agent du MI-6 qui les aide depuis le début de l'affaire a perdu sa femme qui était israëlienne dans un attentat. Tout est en place. C'est finalement Adam qui se résoud le premier à énoncer tout haut cette hypothèse. Tout cet écran de fumée, dont le but était de les éloigner du Saudi Trade Center, porte la marque du Mossad.
A l'intérieur également, Ros comprend ce qui est réellement à l'oeuvre ici. Ce n'est pas seulement l'accent du chef du groupe. Parmi tous les otages, ce dernier exécute le prince saoudien qui s'était déclaré comme soutenant justement les islamistes.La fin est abrupte, comme souvent, dans la tradition de la série. Le MI-5 mène l'assaut. Les membres du commando terroriste sont tués, sauf un. Mais jamais l'Etat qui l'a envoyé là-bas ne le reconnaîtra.
Accessoirement, l'on se demande pourquoi ils continuent de laisser sans surveillance dans leurs locaux tous les agents du MI-6 qui, de façon chronique, ont toujours quelque chose à leur cacher.
Bilan : Un double épisode inégal, dont la qualité et la force vont crescendo. Si l'ensemble manque d'une certaine homogénéité, on finit par vraiment rentrer dans l'épisode, dont la seconde partie est d'une efficacité parfaitement maîtrisée.
17:00 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : spooks, mi-5, bbc
12.11.2006
MI-5 (Spooks) - Episode 5.05
Dans un contexte international où George W. Bush vient de signer une loi autorisant les "méthodes musclées d'interrogation", où les prisons secrètes de la CIA parsemées en Europe sont encore dans les mémoires médiatiques, l'épisode choisit d'aborder ce thème fort de la torture pour conduire au départ de Ruth.
Concernant tout d'abord le parti réaliste revendiqué de la série, il peut sembler un brin paradoxal de la voir prôner si souvent des valeurs européennes, utilisant plus comme référence les thèses du Conseil de l'Europe que les doctrines néo-conservatrices de Washington. Or, dans la réalité, on constate chaque jour que la Manche paraît constituée un fossé bien plus difficile à franchir que l'océan Atlantique quand il s'agit de politique extérieure. Ce n'est bien évidemment pas un reproche. Il est, à mon sens, très agréable de voir nos agents se battre pour une certaine éthique, une morale, au lieu de verser dans une surenchère facile. C'est en se réclamant d'un certain réalisme que d'autres séries n'hésitent pas à mettre en scène, en les légitimant à leur manière, des techniques condamnables à bien des égards, banalisant ainsi honteusement le recours à une barbarie qui devrait être bannie de nos sociétés auto-promues civilisées. 'intransigeance de Harry face à son vis-à-vis, Mace, qui lui offre de les rejoindre dans leur 'club', le sacrifice volontaire de Ruth prête à tout pour mettre un terme à ces pratiques, ont bien plus de classe et de légitimité que toutes ces scènes d'action bâtardes dont certaines fictions nous abreuvent sans discernement.
Sinon, le départ de Ruth m'empêche de m'enthousiasmer pleinement. L'épisode s'ouvre sur le suicide d'un homme dans le métro londonien, sous les yeux de Ruth, après lui avoir échangé un billet de dix livres. Choquée, elle ne parvient pas à croire à une coïncidence et est persuadée que l'homme lui a adressée un message. Parallèlement, le rapport sur l'incendie d'une prison, Cotterdam, au cours duquel sept prisonniers étaient morts, arrive à Thames House, mais il apparaît rédigé sous la dictée d'officiels. Ce que cache ces mensonges intrigue Harry. Lorsqu'ils découvrent que le suicidé de Ruth a travaillé dans cette prison, les choses prennent une toute autre dimension qui rapidement échappent au contrôle du MI-5.
Le lien qui unit Ruth et Harry est particulièrement mis en relief au cours de l'épisode, exploité à dessein par leurs adversaires (Mace notamment). Chacun des deux apparaît prêt à se sacrifier, sur l'autel d'un crime qu'il n'a pas commis, pour sauver l'autre, et ce sans s'être consulté au préalable. Par réflexe, la réciprocité de leurs sentiments les conduit dans des situations similaires. C'est finalement Ruth qui franchit irrémédiablement la ligne jaune, endossant la responsabilité de l'ensemble pour permettre de faire tomber la cellule qui, au sein de l'Etat britannique, a organisé le recours à des méthodes d'interrogations illégales sur certains prisonniers soupçonnés de terrorisme. Ces agents avaient orchestré l'incendie de la prison, des détenus à la mort officiellement déclarée donnent soudain beaucoup plus de
lattitude. Retranscrivant de façon très juste l'impact du départ de Rurth, l'épisode se termine sur une scène hautement symbolique, émotionnellement très forte, qui fait fondre le coeur de bien des fans, shippers ou non : le baiser d'adieu entre Ruth et Harry. Une scène intense qui laisse un arrière-goût de regret et de tristesse au téléspectateur qui réalise qu'il ne reverra plus à l'écran l'alchimie si particulière entre les deux personnages.
En parallèle, sont évoquées en filigramme les conséquences de l'épisode précédent sur Adam, toujours très secoué. Pour le moment, dans le rush des évènements, seule Jo parait voir qu'il se passe quelque chose.
Bilan : Cet épisode fort, mettant à nouveau en relief l'importance des questions d'éthique, ne laisse pas le téléspectateur indifférent. En un sens, Ruth méritait un départ de cette classe. L'intrigue principale est complexe, nouée de faux semblants, ce qui lui confère un côté un peu brouillon par moment, mais qui ne nuit pas à l'efficacité de l'ensemble.
10:35 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mi-5, spooks, bbc
11.11.2006
MI-5 (Spooks) - Episode 5.04
Un épisode véritablement enthousiasmant qui nous plonge dans les coulisses de la géopolitique et de la diplomatie mondiale.
Un sommet se tient en Angleterre, dont l'objectif affiché est de parvenir à un accord pour agir sur la surmortalité en Afrique des populations les plus pauvres. Le ministre britannique des Affaires Etrangères met un point d'honneur à faire de ce sommet une réussite. Mais, devant le manque de volonté politique évident de plusieurs autres Etats parties dont l'objectif serait plutôt de le torpiller, Harry décide de prendre les choses en main pour obtenir toutes les signatures. Le MI-5 prend en charge l'organisation logistique du sommet pour nous offrir des scènes de pur espionnage dans les règles de l'art, entre écoutes, surveillance et chantage. Cette première moitié de l'épisode, application pratique du manuel "Les manipulations diplomatiques", est un régal. Du coup monté médiatique envers le ministre français des Affaires Etrangères au chantage exercé contre les Etats-Unis en mettant la main sur la preuve de l'existence de leur programme de ventes d'armes à Taïwan, l'ensemble est rythmé et le téléspectateur se prend au jeu.
L'épisode va ensuite évoluer, au fil de la narration, d'une simple opération d'espionnage à un véritable dilemne moral et politique qui transcende le tout. C'est sans conteste une des forces majeures de l'épisode, qui exploite pleinement toutes les dimensions potentielles de la série. Le MI-5 parvient à déjouer l'assassinat d'un dirigeant d'un pays africain assistant au sommet. Mais la jeune femme ainsi arrêtée leur révèle des informations de toute autre nature, accusant le dirigeant de préparer un génocide dans son pays. Ces accusations sans preuve parviennent à ébranler Adam qui cherche à en savoir plus. Ce projet est corroboré par les tractations actuellement en cours entre ledit dirigeant et le secrétaire d'Etat américain pour la vente d'armes, notamment biologiques. Le MI-5 découvre que l'assassinat avait été planifié par un autre dirigeant africain conscient de la situation, qui remet des preuves de ses allégations à Adam, plaçant volontairement le MI-5 en face de ses responsabilités. La mort du dirigeant en cause peut-elle empêcher le projet en préparation ? Quelle devient la part de responsabilité de l'unité du MI-5 en ayant empêché l'assassinat dans les massacres de masse en préparation ? Le MI-5 ne fait pas de politique, insiste Harry. Adam les presse de faire quelque chose avant la fin du sommet.
C'est alors que tous les masques d'idéalisme et de bonnes intentions tombent les uns après les autres. Le ministre britannique des Affaires Etrangères, jusque là champion de la lutte contre la misère en Afrique, révèle surtout une ambition débordante, lorgnant vers Downing Street, que l'éventualité d'un possible génocide dans une obscure région africaine ne fait pas sourciller. D'autant qu'il est sans complaisance devant la réalité de ce sommet, grande opération marketing qui ne débouchera sur rien de concret et ne changera à la situation sur le terrain.
L'unité du MI-5 décide, devant le mur auquel elle se heurte, de prendre ses responsabilités en laissant s'échapper la jeune femme et en lui donnant l'occasion de réussir ce pourquoi elle s'était préparée. Le téléspectateur devine instanément le caractère suicidaire de l'entreprise. Parce que la série est ainsi, sans complaisance pour nous confronter à une froide réalité où les happy ends ne sont pas de mise, où la tragédie côtoie les personnages à chaque instant. Adam tente tout ce qui est en son pouvoir pour sauver la jeune femme qui est malheureusement abattue sous ses yeux. Il en ressort très secoué, lui qui s'est sans doute le plus impliqué émotionnellement dans cette intrigue, brusquement confronté à une réminescence douloureuse de la mort Fiona.
Bilan : Un excellent épisode, complet sur bien des aspects, sans complaisance avec tous les acteurs du grand jeu diplomatique mondial, reflétant une vision cruelle mais bien réelle du monde moderne et soulignant la responsabilité des dirigeants des sociétés occidentales dans l'absence de progrés concrets dans l'aide aux pays en voie de développement. Une responsabilité devant laquelle on préfère généralement fermer les yeux. Cet épisode m'a rappelé pourquoi j'adore 'MI-5' (Spooks). Bravo !
09:37 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : spooks, mi-5, bbc
04.11.2006
MI-5 (Spooks) - Episode 5.03
Après la force du double épisode d'entrée dans cette saison 5, ce troisième épisode renoue avec des fondements plus classiques de la série, sans surenchère.
L'intrigue centrale tourne autour de l'infiltration par Zaf d'une cellule terroriste dormante dans Londres, qui s'apprête à recevoir une bombe thermobarique. Le MI-5 met tout en oeuvre pour intercepter cette dernière avant qu'elle n'entre en possession des terroristes, malheureusement, comme souvent, les renseignements du MI-6 sont incomplets, et on frôle finalement la catastrophe. Dans une scène brute, en écho à l'exécution d'un agent d'entretien en ouverture de l'épisode, Adam doit ordonner d'abattre un homme dont il n'est pas certain sur le moment qu'il est effectivement celui qui active le signal pour faire exploser la bombe.
L'affaire du jour permet d'introduire Ros au sein du MI-5. Une Ros, glaçante de calculs et de réparties, parfaitement sûre d'elle, et prête à beaucoup de zèle pour mener à bien son opération. Autant le dire tout de suite, elle n'apparait pas en personnage en quête de sympathique, mais elle est vraiment excellente de maîtrise et de classe. Un personnage qui ne laisse vraiment pas indifférent et qui interpelle le téléspectateur. J'en veux pour preuve notamment le dialogue d'introduction entre Zaf et elle, joute verbale intelligente véritablement joussive. L'introduction d'un personnage de cette trempe, dans la lignée des personnages les plus marquants et foubres de la série comme Jools Siviter, occure de bonnes choses pour l'avenir.
L'autre petite storyline suivie en parallèle fait fondre le coeur de tous les shippers se trouvant parmi les téléspectateurs. Harry se décide enfin à inviter Ruth à dîner. Une invitation lancée au milieu de discussion sur des armes de destruction massive, dans une tradition MI-5 certaine, qui semble un peu maladroite. Mais la scène du dîner est vraiment unique en son genre, touchante et agréable. Reste qu'au sein du service, le concept de vie privée demeure une notion très théorique, tout le service bruisse des rumeurs sur ce dîner dès le lendemain. Ruth apprend cela mortiphiée en recevant la bénédiction de Malcolm. Elle annule immédiatement toute possibilité de futurs rendez-vous invoquant le fait que cela diminue Harry auprès de ses hommes. Je ne crois pas trop à cette excuse. A mon sens, c'est l'extrème pression, le côté concret des choses, qui a frappé Ruth et l'a forcée à reculer. Les projets de voyage d'Harry à travers l'Europe évoqués lors du dîner, s'ajoutant soudain à la pression générale du service, ont effrayé Ruth, plus qu'une possible hypothétique atteinte à la réputation d'Harry.
Bilan : Le petit bémol de l'épisode est sans doute l'extrème classicisme de son intrigue, tant l'infiltration dans la cellule terroriste dormante que les ressorts dramatiques qui s'enchaînent ensuite. C'est un schéma que l'on a déjà vu et revu sur le petit écran -des saisons passées de Spooks à d'autres séries comme Sleeper Cell ou The Grid notamment-. C'est incontestablement propre et bien mené de façon très efficace. Cependant, le téléspectateur conserve un sentiment de déjà vu qui ne le lâche pas de tout l'épisode.
Malgré tout, cela n'empêche pas d'apprécier cet épisode et d'être comme toujours happé dans la tension ambiante.
12:51 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spooks, mi-5, bbc
06.10.2006
MI-5 (Spooks) - Episodes 5.01 & 02
La série d'espionnage de la BBC revient pour une nouvelle saison avec un double épisode très rythmé, avec en arrière-plan un complot énorme et des implications sans plus de limite, ni de retenue. On nous a mixé notre série avec d'autres show d'outre-atlantique pour verser dans une certaine surenchère qui me déçoit un peu. Pourtant, rien à redire concernant l'intensité des épisodes, ces deux heures iraient sans doute parfaitement au format d'un film conspirationniste d'action classique.
C'est peut-être là où le bât blesse. On se retrouve devant deux heures de tension dramatique, d'effets de style efficaces, mais dans le même temps, la série a délaissé une partie de son ancienne sobriété. Pourtant, ne vous y trompez pas, j'ai passé deux heures de divertissement de haut niveau, il n'existe pas beaucoup de séries capable de me skotcher ainsi à mon écran, introduisant et entretenant avec un certain sadisme cette constante inquiétude quant au devenir des personnages, aucun n'étant a priori 'intouchable'. C'est Colin qui en fait les frais cette fois-ci. Le geek sympathique par excellence. Et surtout, le plus cruel dans la façon dont les scénaristes amènent cette mort, c'est qu'elle est introduite de façon insidieuse, une fois découvert, le téléspectateur devine ce qu'il va se passer, mais en même temps, refuse de s'y résigner.
Encore un complot, gigantesque, avec des moyens quasi illimités. Etablir ce parallèle avec ce qu'était l'Amérique Latine des années 70 n'était pas forcément très bien venu cependant. Pourtant, même avec des réserves, on se sent happé par toute cette trame. Les flash infos rythment l'enchaînement des faits, la situation empirant. Certains scènes sont magistrales, les confrontations entre Harry et les conjurés notamment, comme tout se referme. Vraiment bien fait.
Et puis tous les personnages ont leur petit moment. On peut constater que les techniques de combat de Jo ou Zaf sont toujours au point...
Bilan : J'ai passé un très bon moment. C'est très efficace. Cependant mon enthousiasme est un peu modéré devant certaines facilités, une volonté de trop en faire par moment qui gâche finalement l'essence de la série. Je suis attachée à une certaine subtilité, des non dits... Mais c'est un retour très prenant.
19:00 Publié dans MI-5 (Spooks) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mi-5, spooks, bbc




































